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Claude Stéphane PERRIN

Recherches philosophiques qui, inspirées par l'idée du neutre, vont au-delà du scepticisme vers une interprétation moderne (historique et intemporelle) du principe de raison.

Nietzsche et l'éternel retour

Détail d'une photographie de Held montrant la pierre de la vision de l'éternel retour auprès du lac de Sils. Cette photographie est reproduite dans l'ouvrage de Geneviève Bianquis, Reider, Paris, 1933, p. 32.

Détail d'une photographie de Held montrant la pierre de la vision de l'éternel retour auprès du lac de Sils. Cette photographie est reproduite dans l'ouvrage de Geneviève Bianquis, Reider, Paris, 1933, p. 32.

    a) La folie d'un amour inconditionnel et illimité.  Parce que l'impossible est une limite indépassable, l'amour de la Nature ne peut se concrétiser pour l'homme que dans et par l'apparence de lointains plus ou moins visibles qui ignorent l'impossible. Car une puissance infinie ne se transgresse pas, elle se dépasse. Ce texte de Heidegger est donc mal traduit : "La puissance ne saurait se maintenir en elle-même, c'est-à-dire dans son essence, qu'à condition de transgresser à chaque fois le degré de puissance atteint." [1] La Nature affirme en fait sa puissance en se dépassant toujours elle-même, peut-être par amour (ce que Nietzsche nomme le pathos de la volonté de puissance), ou bien par une sorte d'affection qui renforcerait ce qu'elle crée. En revanche, du point de vue des forces qui concrétisent l'infini dans le fini, Nietzsche peut vouloir les transgresser, désirer l'impossible, et fort dangereusement lorsqu'il court le risque de sombrer dans quelques gouffres : "Tu marches sur le chemin de ta grandeur : maintenant, ce qui jusqu’à présent était ton dernier danger est devenu ton suprême refuge. Tu marches sur le chemin de ta grandeur : il faut qu’à présent ton meilleur courage soit de sentir que tu n’as plus de chemins derrière toi ! Tu marches sur le chemin de ta grandeur : ici personne ne se glissera à ta suite ! Tes pas eux-mêmes ont effacé ton chemin derrière toi, et au-dessus de ton chemin il est écrit : Impossible !" [2]  En fait, comme Zarathoustra, Nietzsche aime ses propres rêves. Ils sont pour lui les "apparences de l'apparence".[3] Et le philosophe transgresse grâce à eux les données de son propre monde. Sa vie voudrait ainsi s'épanouir en s’amassant comme un nuage afin de jeter de nouveaux éclairs et de se moquer de tout ce qu'elle a connu. Puis Nietzsche découvre une autre sorte de transgression, voire de folie, lorsqu'il va au delà de l'ombre errante et fugitive des choses dans ses pensées les plus profondes, les seules qui soient alors intéressantes à ses yeux. Car qui pourrait se croire totalement raisonnable et empêcher parfois sa raison de se relâcher, comme le fait M. Conche sans ignorer au demeurant "une part de hasard et de fatalité"[4] ? Belle témérité alors que cette cruelle et sauvage pensée de Zarathoustra, riante, éveillée et innocente qui se disperse d’étoile en étoile ! Ne vise-t-elle pas encore l’impossible ? Assurément parce que sa sagesse sort alors de ses gonds, perd sa gaieté et veut se reposer : "Voici que dans sa folie, ma vieille et farouche sagesse parcourt le désert stérile à la recherche de molles pelouses." [5] Zarathoustra aime ainsi les lueurs aveuglantes de la terre, et le chaos de son énergie créatrice enfante des étoiles dansantes ; ou bien il tente de forcer quelques étoiles à graviter autour de lui.[6] Ses rires, comme des lueurs parsemées, font vibrer les forces multicolores de sa vie errante. Tout est dispersé et tout danse sur les pieds divins du hasard, certes, mais uniquement lorsque d'une manière créatrice chaque nouvel instant entraîne des souvenirs et des projets dans son sillage. Comment une vérité objective, mesurable, contrôlable, serait-elle encore possible ? Elle ne serait dans ce devenir qu'un mensonge puisque le monde à interpréter n'est jamais complètement donné, fixé, figé dans des faits. Il est donc aussi nécessaire de trouver parfois du bonheur en rêvant sans sombrer dans la folie, c'est-à-dire dans un oubli total du réel.[7]

 

   b) La chute dans l'oubli. Comment l'oubli agit-il ? Il est en fait inséparable de la mémoire du corps, d'une mémoire qui est à la fois archaïque et collective. Plus précisément, l'oubli est à l'œuvre dans chaque moment vécu : "Le moment est là en un clin d'œil, en un clin d'œil il disparaît. Avant c'est le néant, après c'est le néant, mais le moment revient pour troubler le repos du moment à venir." [8] Ce moment bachelardien, entouré par deux néants, est pourtant différent pour Nietzsche. Il est en effet serait plutôt semblable à l'éclair [9]d'un non-espace, c'est-à-dire à la présence fugitive d'un vide, d'un horizon limité et non-historique[10] entouré par deux oublis. Chez un enfant, l'oubli est immédiat, il surgit comme une nuit involontaire et innocente. Pour l'homme, l'oubli est également imprévisible, mais plus pesant, car il est "sans cesse accroché au passé." [11] Certes, il est parfois bénéfique : "Le plus petit comme le plus grand bonheur sont toujours créés par une chose : le pouvoir d'oublier." [12] Sentir et agir d'une manière non historique, donc oublieuse, permet alors de rejoindre l'atmosphère, la nuée, la mer et les tourbillons où s'engendre injustement avec passion, dans de multiples lumières et couleurs, la seule chose importante : la vie. Car, lorsqu'il n'est pas l'effet d'une dégénérescence maladive ou d'une perte définitive de la mémoire allant jusqu'à l'oubli de l'oubli, le fait d'oublier peut être créatif : il renforce alors l'instinct de vivre dans le présent, il rend attentif à tout ce qui peut advenir, même si c'est injustement : "Il faut beaucoup de force pour pouvoir vivre et oublier à la fois combien vivre et être injuste sont tout un." [13] En tant que repli provisoire de la conscience qui introduit des points de suspension dans la fiction d'un temps cyclique ou d'un temps linéaire et mesurable, l'oubli a donc aussi les fonctions positives d'alléger, d'élever et de purifier :

 

"Jette dans l'abîme ce qui t'alourdit !

Homme, oublie ! Homme oublie !

Divin est l'art d'oublier !

Si tu veux voler,

si tu veux être chez toi dans les hauteurs :

jette dans la mer ton plus lourd fardeau !

Voici la mer - jette-toi dans la mer !

Divin est l'art d'oublier !" [14]

 

Par ailleurs l'oubli peut être également un repli passager de la conscience dans un vide reposant (neutre, comme dans un sommeil), et il permet alors d'assimiler et d'enrayer des expériences négatives en leur imposant un vide provisoire ou un silence relatif : "Or tout passé est digne d'être condamné ; car il en est ainsi des choses humaines : toujours la force et la faiblesse humaines y ont été puissantes." [15]

 

   c) L'oubli de soi et la vision silencieuse du retour éternel. Imprévisible, le retour du présent enchante. Mystérieusement fatal, il s'appesantit et devient pour Nietzsche à Sils-Maria, en août 1881, "le lourd pathos" de l'éternel retour, c'est-à-dire le poids le plus lourd. [16] Cette pesanteur est sans doute inhérente au concept du retour (déterminé par un trop grand nombre d'exemples possibles). Car ce concept renvoie à la matrice pesante de multiples épreuves, comme par exemple à celle de la répétition cyclique de la rotation du soleil, du retour du printemps, ou du mouvement des vagues… Mais dans cette vision mystérieuse et peu dicible de l'éternel retour, les images sont allégées par l'oubli du concept qui est remplacé par l'affirmation de la métaphore de la puissance de la volonté de la Nature qui enlace tout dans le don éternel de son devenir. Tout revient alors grâce à un amour constant entre le concept de la lourdeur d'un retour cyclique et l'intuition d'une légèreté qui évoque l'éternité, c'est-à-dire l'infini. De plus, cet amour est premier et innocent. Il permet de se diviniser, d'être simple, de redevenir comme un enfant, tout à fait innocent d'abord, indifférent au bien et au mal, puis oublieux des malheurs, donc sans aucun ressentiment : "L'enfant est innocence et oubli, on nouveau commencement et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, un «oui» sacré." [17] L'amour du don de l'innocence et du simple rend ainsi possible l'expérience selon laquelle tout revient toujours dans les moindres détails conceptualisables, comme le meilleur et le pire qui sont éternellement unis, mais entraînés par une grande légèreté. Et ce retour simultané du quantitatif et du qualitatif ne sera véritablement fondé que s'il sera voulu et aimé en associant smultanément toutes les réalités et toutes les tensions, donc en faisant prévaloir l'innocence de la Nature sur l'entrelacement terrestre du bon et du mauvais : "Tu te défendras contre la paix définitive, tu voudras l'éternel retour de la guerre et de la paix." [18] Dès lors, la pensée affirmative et intempestive de l'éternel retour possède la fonction positive de dépasser toutes les négations, y compris celle de la mort. Cette pensée rend ensuite le nihilisme impossible pour celui qui veut ce retour éternel dans et par son intuition de l'innocence éternelle de la Nature qui toujours se dépasse en créant. Et le plus de chaque retour crée un nouveau présent innocent qui associe divinement destin et hasard, au delà des habitudes de ceux qui croient en leur éternelle conservation, [19]et au delà de l'art supérieur qui veut contredire ces habitudes.[20] Car l'idée conservatrice d'un même destin est transfigurée par l'innocence de chaque volonté qui valorise ainsi le retour créatif de ce destin en affirmant son union constante avec le hasard et avec l'oubli. Certes, le retour à chaque instant d'un nouveau moment éphémère est éprouvé différemment par les hommes qui sont, en fait, plus ou moins inspirés par l'innocence de ce don. Chacun vit donc différemment sa condition d'homme et son ouverture sur le surhumain. Dans ces conditions, pour P. Granarolo, Nietzsche annoncerait "la simple possibilité d'un avenir dans lequel s'accroîtrait le nombre des hommes qui disent «oui»." [21] Mon interprétation est un peu différente. D'une certaine manière la nécessité d'un éternel destin identique permettrait plutôt à chacun de se diviniser différemment et à des degrés divers. L'innocence de chacun rendrait alors possibles des libertés différentes, des oublis plus ou moins profonds, des transfigurations plus ou moins divines… L'éternel retour de toutes les choses détruirait ainsi toute linéarité prévisible sans empêcher des subjectivations différentes, voire des écarts qui varieraient à tout instant pour chacun. La mort couronne certes chaque vie (destin), mais la négation de la mort par le retour d'un nouveau moment affirme une autre vie singulière, toujours singulière, sans la dépasser dialectiquement, puisque c'est la même vie (qui sera interprétée et orientée différemment par des singularités innocentes et oublieuses) qui revient pour mourir, puis pour renaître indéfiniment… Dès lors, la négation du destin par la volonté d'un retour est en fait l'affirmation de la volonté infinie de la Nature, car cette volonté crée dans des formes finies le destin de l'affirmation souveraine selon laquelle toutes les réalités sont inséparables, comme c'est le cas dans l'amour de la vie et de la mort : "Amor fati : que ce soit désormais mon amour. Je ne veux pas faire la guerre au laid. Je ne veux pas accuser, même les accusateurs. Je détournerai mon regard, ce sera désormais ma seule négation ! Et, en un mot, en grand, je ne veux plus, de ce jour, être jamais qu'un affirmateur." [22]

 

   d) L'instant joyeux de l'éternité. En connaissant ses limites et ses cendres, l’ardeur des forces vitales d'un homme reste capable de gaieté. Car toute joie naît de la victoire d'un rayonnement créateur qui a "quelque chose de divin (lorsqu'elle) épargne l’humiliation." [23] Aucun abîme ne vainc alors l’espérance, aucun feu ne dévore totalement les esprits. Le puits de l’éternité apporte cette certitude, le triomphe futur d'autres étoiles sur les nuits profondes : "Toute joie veut l’éternité de toutes choses, veut du miel, du levain, veut un minuit enivré, veut des tombes, veut la consolation des larmes versées sur les tombes, veut un couchant rouge et or. Que ne veut-elle pas, la joie ! Elle est plus assoiffée, plus cordiale, plus affamée, plus effrayante, plus secrète que toute douleur, elle se veut elle-même, elle se mord elle-même, la volonté de l’anneau lutte en elle. Elle veut de l’amour, elle veut de la haine, elle est dans l’abondance… la joie veut l’éternité de toutes choses, veut la profonde, profonde éternité ! " [24] Cette joie a ainsi la couleur azurée des lacs solitaires qui se déversent plus loin dans la mer. Nées de l’âme de Zarathoustra, ces images puis ces hymnes de joie et d'éternité s’éprouvent sans que l’on puisse leur conférer des certitudes objectives ou rationnelles : "Empressé, amical, chaque jour pour moi monte clair comme l'or et identique." [25] Ainsi l’ivresse musicale de Nietzsche parvient-elle à faire croire, avec ses leitmotive, que le nuptial anneau des anneaux restera toujours fidèle à lui-même, c'est-à-dire à sa perfection ! Ou bien, plus discrètement, le philosophe désire se perdre gaiement dans l'ivresse d'une fatalité dangereuse qui le pousse silencieusement vers les hauteurs où il lancera la flèche de son avenir avant de se laisser absorber obscurément par ce qu'il ignore : "Imprimons à notre vie l'image de l'éternité ! "  (Drücken wir das Abbild der Ewigkeit auf unser Leben !) [26]

 

e) L'oubli pour Nietzsche, une origine sans origine qui vainc le nihilisme. Pour vaincre les malheurs terrestres, pour parvenir à les aimer afin de délivrer le monde de ses mensonges et de ses illusions, il faudrait pouvoir les oublier et en même temps en vouloir le retour. Or cela est possible dans l'épreuve du Retour éternel. Certes, cette vision frappe d'abord le philosophe de stupeur. Cet instant est en effet sans commencement ni fin discernables. L'interprète ne peut plus interpréter. Il disparaît en tant qu'interprète (crise du dédoublement : c'est peut-être aussi Dionysos qui interprète) et il n'y a rien à connaître à partir de cette stupeur. Pourtant une parole folle, excessive, transgressive, parle de cette béance, et la métaphorise en rapportant le néant de l'interprétation au néant de l'interprète. Puis, ces deux néants sont vite transfigurés par la métaphore du cercle qui les relie et qui les supprime comme néants. Une intuition délirante peut alors surgir : "Midi, c'est aussi minuit !" [27] Deux épreuves contradictoires émiettent ainsi le Tout mais le conservent pourtant. En fait, la métaphore délirante de l'éternel retour rassemble deux images qui ont vaincu les illusoires "néants" du réel et de son interprète : l'image d'un commencement qui suit une fin (Minuit), et l'image d'une fin qui crée un commencement (Midi). Certes, la vision de l'éternel retour est trop pesante pour être prolongée, car elle se situe entre le flou et le précis ; n'étant pas seulement un concept, elle est aussi saisie par ce qu'elle cherchait peut-être à saisir. Cependant, la métaphore n'est pas creuse comme le dit Blanchot. Elle n'est pas "la forme extrême du nihilisme (…) L'existence sans but, mais revenant dans une répétition inéluctable, sans final, dans le néant". [28] En fait, l'existence de chacun ne revient pas dans le néant : elle revient dans ce même monde, dans cette même pensée d'un monde qui n'a ni commencement ni fin, puisqu'il est l'œuvre de la Nature, puisqu'il est transporté par l'innocente volonté éternelle d'un anneau ouvert sur l'infini qui unit mystérieusement des différences entre les singularités et des répétitions physiques.

 

   f) La force critique de l'oubli.  En fait, pour Nietzsche, sa méthode perspectiviste le lui permettant, l'oubli a également une fonction critique. Tout d'abord, il dévalorise le pouvoir illusoire de la pensée à espérer tout connaître. Tout se joue, en effet, à partir de l'oubli qui inspire soit des mensonges soit des vérités. Les premiers sont créés à partir de l'oubli, inhérent à chaque pensée. Les secondes sont affirmées grâce à l'oubli du fait que toutes les vérités ne sont en fait que des illusions : "Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont, des métaphores qui ont été usées et qui ont perdu leur empreinte et qui entrent dès lors en considération non plus comme des pièces de monnaie, mais comme métal." [29] Par ailleurs, l'oubli enlève à la Morale toute possibilité d'être un modèle universel, car, fondamentalement associé à l'ignorance, à la peur et à l'indifférence, il empêche l'homme d'être responsable de tous ses actes. De plus, pour Nietzsche une morale dogmatique pourrait nuire aux forces créatrices de la Nature (innocente) en les contrariant. La fatalité de la Nature prévalant, "l'homme (…) ment donc inconsciemment de la manière désignée et selon des coutumes centenaires – et, précisément grâce à cette inconscience et à cet oubli, il parvient au sentiment de la vérité." [30] Nietzsche pensait néanmoins que l'oubli pouvait servir à chacun pour vaincre sa haine et son ressentiment, ces fruits venimeux de la conscience morale instaurée par la religion chrétienne. Le philosophe espérait ainsi danser au-dessus des malheurs en libérant son corps du carcan spirituel d'une illusoire âme immortelle (qui meurt selon lui avant le corps).

 

    g) L'instant-zéro de l'Éternel retour et l'oubli.  En fait tout se joue peut-être pour Nietzsche au cœur de la pensée mystérieuse, extravagante et involontaire du Retour éternel. Vouloir le retour et dire sa propre maturité à l'égard de ce vouloir, dire que tout a déjà eu lieu et doit avoir lieu une infinité de fois, que l'éternité est fatale et sans origine, permet en effet de foudroyer la peur de l'oubli, mais révèle en même temps que cette affirmation péremptoire et dangereuse paralyse la possibilité de toute parole raisonnable. Dans cette épreuve qui unit mystérieusement et innocemment créature et créateur, errance et cohérence, cruauté et bonté, l'oubli agit en réalité souterrainement en rendant vaine la fiction d'un temps linéaire. Pour cette raison, la vision du retour éternel crée son propre commencement à partir d'un instant chaque fois différent. "L'instant-zéro" [31] qu'évoque Philippe Granarolo à ce sujet n'est pourtant pas neutre, car, invisible et impensable, il baigne dans l'oubli des commencements antérieurs, même s'il vise davantage de puissance. De plus, cet instant est d'abord subi ; il n'est donc pas une source volontairement posée afin de créer : "Il y aura toujours à nouveau et indéfiniment… l'instant. Cela signifie que le monde, d'une certaine façon, recommence toujours à zéro : éternel retour à la case départ." [32] "L'instant-zéro" ne dévoile donc rien, ne fonde rien, ne rend rien possible : il est seulement inséparable de la volonté innocente de l'anneau. S'il était neutre au sens d'une virtualité, il serait nécessaire au surgissement d'autres instants créatifs, et il rendrait possible un moment d'équilibre entre sagesse et folie, notamment pour un nouveau commencement qui accomplirait le retour d'anticipations très anciennes. En fait, pour Nietzsche, l'oubli contient secrètement une histoire à la fois personnelle et collective qui répète de multiples archaïsmes, souvent nuisibles, et dont chacun ignore toutes les ramifications possibles, "car l'événement présent est lié à certains événements, non à tous." [33] Ainsi le serpent de la connaissance accompagne-t-il le soleil d’or de la vie, de minuit à midi ! Parcourons les multiples cercles de ces devenirs, et repérons quelques unes de ses métamorphoses en suivant la méthode même de Nietzsche dont la logique épouse celle du cercle. Le même chemin monte, descend et revient à son point de départ. La cime ressemble à l’abîme puisque dans les deux cas il y a passage d’un maximum ou d’un minimum de force à son contraire. L’excès veut son épanchement, le manque son augmentation. Et jamais l’énergie de midi ou de minuit ne périt. Pour sortir de ces terribles tensions, les forces vitales se donnent une direction, une première perspective : imposer au chaos quelque régularité en éliminant des formes, construire, créer des rythmes, rejeter ou assimiler, se conserver à partir d’un impérieux instinct d’appropriation et de conquête… À l’heure de midi tout semble s’élargir dans de splendides métaphores. La suprême clarté ouvre un moment sur de nouvelles perspectives. Puis, lorsque le soleil commence à décliner, le goût de la vérité et la passion de la connaissance se dissipent peu à peu au lieu de s’accroître. Les forces vitales veulent leur déclin. Ne faut-il pas alors freiner la roue du temps[34] et devenir plus réceptif aux choses, apprendre à les voir se défaire en les laissant s’approcher de soi ? En suspendant son vouloir chacun peut devenir plus attentif ; et l’apprentissage se fait plus sûr. Rien ne peut être retranché au cercle du devenir qui nous conteste, voire qui va nous détruire. Le désir du retour conduit ainsi au grand amour de soi, à un amour puissant de la terre, de tout ce qui vit et meurt. Puis, à l’heure de minuit les formes réalisées s’épuisent. Les métaphores s'usent, se transforment en structures conscientes, en moyens de connaissance pour constater et désigner, c'est-à-dire en concepts. Ces derniers désignent alors de vagues ressemblances entre plusieurs choses et rendent tout plus clair, plus prévisible, trop prévisible…

 

    h) La mémoire du corps et la nécessité de l'oubli pour aimer tout ce qui advient. En réalité, lorsque Nietzsche a eu la vision du point culminant du Retour éternel, il a été saisi confusément et violemment par la pesante contradiction qui opposait la présence éternelle de la Nature et la fatalité de sa propre mort en son sein. Sa vision précise, pas vraiment pensable dans la durée, d'un retour éternel associe alors sa mémoire physique, corporelle (notamment par la résurgence de traces sensibles lointaines) et la nécessité d'oublier toutes les fatalités malheureuses, notamment celles qui l'empêcheraient de vouloir le retour éternel et innocent de toutes les choses. Dès lors, cette épreuve où un ordre (la répétition) naît d'un désordre (l'intuition vague d'un Tout) est à la fois celle d'un déclin et d'une ascension. Car cette épreuve affirme à la fois la puissante vitalité de la Nature associée à l'innocence de son indifférence à l'égard de ses effets négatifs, et la nécessité d'aimer le déclin de chacun, d'oublier son propre passé (encore présent), de dépasser un présent inconscient de ses propres promesses, et de vouloir le retour éternel de quelques instants semblables, créatifs, donc joyeux, qui seront certes vite oubliés : "Et ce sera le grand midi quand l’homme sera au milieu de sa route entre la bête et le Surhomme, quand il fêtera, comme sa plus haute espérance, son chemin qui conduit au soir, car c’est la route d’un nouveau matin." [35]

 

 i) Un amour tragique du destin. L'action de l’éternel retour de la volonté de puissance permet surtout, à chaque moment tragique de l’existence, d’affirmer l’impossible anéantissement complet de toutes les choses. Certes, ce monde-ci, notre monde, le seul monde possible peut-être, est contradictoire, instable, fugitif. Mais pourtant, dans ses perpétuelles métamorphoses, il se joue du flux et du reflux. Pour y participer, il suffit de se laisser bercer par la vision de Nietzsche qui inspire la prophétie de Zarathoustra : "Nous avons existé un nombre infini de fois, et toutes choses avec nous." [36]Au sein des forces bornées et chaotiques de notre monde, chaque moi est, à des titres divers, multiple et changeant. Mais ce moi sera pourtant à nouveau créé pour une vie identique, avec ses décadences et ses renaissances. Car pour Nietzsche, à l'inverse de la Nature qui est infinie, la quantité de l’énergie créatrice qui anime notre monde "n’a qu’un certain nombre de qualités possibles" à déployer.[37] Les figures de la souffrance qu’apporte le destin peuvent donc être dénombrées. Mais pourquoi deviennent-elles souvent cruelles, féroces, inhumaines ? En fait, la volonté de puissance de la Nature ne s'en préoccupe pas puisqu'elle est innocente et infinie. Mais, l'instinct de domination inspire à chaque homme un désir fou de vie éternelle, même s'il faut pour cela imiter l'aigle cruel. L'instinct de savoir renforce alors les atrocités sans savoir quelle mesure juste de la dureté, de la sévérité et de la rigueur, serait vraiment souhaitable. Certes, dans la force du matin toujours le Surhomme reconnaît le cercle qu'il veut s'approprier comme toutes les choses à l'entour. Le feu du ciel encore renaît. Et l’heure de midi couronne le retour innocent et éternel du présent le plus intense ; le devenir termine ensuite son ascension et commence un nouveau déclin. En un instant suprême, des forces s’affirment puis se nient. Fatal et exaltant retour du cercle ! Chaque fois c’est la présence aveuglante d’un "abîme de lumière". [38] Puis le grand midi de la terre et du ciel revient encore. Est-ce une révélation ? Non, mais le zénith crée ainsi la chute de son énergie et, en même temps, la volonté d’un autre retour. Ce "puits de l’éternité"  [39] absorbe alors les soupirs dans sa puissance intarissable et profonde, même si la raison des géomètres ignore ce lien mystérieux du devenir et du retour, ce grand cercle qui rassemble la vie et la mort, toutes les hauteurs et toutes les profondeurs. Malgré sa grande solitude, l’âme de Zarathoustra, émiettée par les aléas de son existence, imagine souvent le fruit mûr de la fatalité, notamment lorsque les multiples réalités terrestres peuvent être baptisées par l’instant divin où le devenir impose un autre retour. Sur le plancher du ciel, le hasard danse, rend heureux ; les dés ont créé le premier nombre, puis, par le jeu éternel de la répétition, l'affirmation de l’un dans le multiple ainsi que le passage du qualitatif au quantitatif : "Où il y a de la force, le nombre finit par devenir maître, car il a le plus de force." [40] En tout cas, lorsque la mer entrevoit ses limites, le ciel ignore sa propre hauteur. Puis la pensée de l'éternel retour s'assombrit et la tragédie recommence à dire la même chose, bien que d'une manière différente comme chez Montaigne. [41] Car les forces chaotiques du devenir n’excluent pas la fatalité du cycle. En effet, bien que privée de la liberté du choix, chaque chose fatalement meurt, puis renaît. Après l’expansion, la décadence ; dès lors à des rythmes divers prolifèrent des formes répétées, redoublées, éliminées, anéanties puis renaissantes… Le destin irréversible du monde, caractérisé par son manque de but, de sens, de commencement et de fin, épouse son ennemi qui voulait le contraire : une fois pour toutes au lieu d'encore une fois. Cette vision extatique est exceptionnelle car sa venue fait triompher l'imprévisible, y compris lorsqu'elle s'accorde avec le prévisible. Ainsi, dans le midi de l’éternité, l'ombre de l'ombre que prophétise Zarathoustra, l'ombre affirmative et créatrice du surhumain, pourra-t-elle encore vouloir son déclin ! Elle rassemblera, d’une manière certes tragique, le commencement et la fin, la sagesse et la folie, la joie et la douleur. La suprême puissance voudra aussi son déclin, les faiblesses de la connaissance, les douleurs de l’individuation et l’épuisement de l’activité créatrice. Pour cela, il n’existe pas de chemin prévisible vers l’éternité puisque des instincts multiples et parfois opposés bouillonnent diversement en chaque être vivant.

 

   j) Une vision métaphorique et symbolique de l'Éternel retour. Cependant, les métaphores de Nietzsche possèdent-elles suffisamment de force et de légèreté, pour donner à penser le retour éternel de chaque instant dans un monde régi par une mystérieuse fatalité ? Oui, car la métaphore de l'Éternel retour, hors de tout point de vue uniquement logique, est prouvée par l'innocence de la joie que procure sa pensée imagée : "La joie se mord elle-même, la volonté de l’anneau lutte en elle." [42] Cela n'est pas étonnant, car si l'émotion simple de la joie exprime en un éclair, en un bref moment de plaisir, un acte réussi, cet instant sombre aussitôt dans la durée d'une jubilation expansive qui affaiblit la vivacité de son prime surgissement en le prolongeant. Joie ! L'épreuve de l'éternel retour est surtout fondée par la force évocatrice et dynamique des images. Qui pourrait contester que le monde où vit Zarathoustra soit délimité, mû par un nombre restreint de centres de forces naturelles, animales ou humaines ? Tout s'organise en effet dans ce grand jeu de dés qui fait exister chacun. Chaque force, comme celle du soleil, de l’aigle ou du serpent, reste limitée dans l’espace, mais se transporte vers l'intemporel. Et il n’y a, pour admettre cette relation, qu’à imaginer une inépuisable fatalité capable de se contredire en créant le retour éternel de toutes les forces vivantes dans un monde sans origine et sans but, puisque aucune fin n’a jamais été atteinte en son sein. Un nombre prévisible de combinaisons s’effectue alors parce que le même coup de dés répète la même rencontre amicale de l’aigle et du serpent pendant que la puissance infinie de la Nature s'affirme éternellement au cœur du monde et bien au delà. En fait, le retour des forces, créé par la Volonté de puissance de la Nature, s’effectue, ici ou là dans un monde fini, dès lors qu’une apparition s’achève. Pour accompagner ce retour, il faut que la fierté de l’aigle entraîne la ruse du serpent ainsi que toutes les forces réticentes et réactives du devenir dans le nuptial anneau des anneaux, dans l’anneau du devenir qui accomplit le retour. Il faut que l’aigle devienne vraiment soleil et le serpent Ouroboros. Différemment pour l'homme, à une heure exceptionnelle et imprévisible, chacun pourra aussi vouloir le sublime et éternel retour de ses forces les plus accomplies, et créer la circonférence des circonférences, le nombril du temps, la cloche d’azur : "Un jour reviendra l’enchevêtrement des causes où je suis enserré, – il me recréera ! Je fais moi-même partie des causes de l’éternel retour. Je reviendrai avec ce soleil, avec cette terre, avec cet aigle, avec ce serpent – non pas pour une vie nouvelle, ni pour une vie meilleure ou semblable : je reviendrai éternellement pour cette même vie, identiquement pareille, en grand et aussi en petit, afin d’enseigner de nouveau l’éternel retour de toutes choses, – afin de proclamer à nouveau la parole du grand midi de la terre, et des hommes, afin d’enseigner de nouveau aux hommes la venue du Surhomme." [43] Pour celui qui refuse de penser au cœur des images symboliques, la fiction de l'éternel retour paraît certainement contestable, voire absurde. En revanche, pour celui qui se met au bord de l'abîme de sa propre finitude, un contact est possible avec l'infini, comme le prouve symboliquement le cercle amoureux que réalise le serpent autour du cou de l'aigle. La loi de l’entropie, qui consacre la dégradation de tout l’univers physique, ne concerne pas la pensée métaphorique qui toujours se déploie dans de nouveaux horizons. Dès lors, l'objection scientiste importe peu, car la philosophie de Nietzsche veut surtout se détourner des abîmes métaphysiques du nihilisme. Elle préfère danser et chanter comme dans un opéra. Et le fier soleil s’impose sur terre à chaque instant, malgré ses maladies qui obscurcissent l’âme inondée de Nietzsche. Ou bien, en un instant aussi rapide qu'un éclair, le soleil touche l’intemporel qui lui transmet sa puissance. D'une manière aussi symbolique, l’aigle et le serpent révèlent comment le destin de la terre se réalise en permettant l'affirmation d'un amour mystérieux entre des animaux différents, voire ennemis. Deux ordres se réconcilient alors dans la métaphore où le serpent dionysiaque s'enlace autour du cou de l’aigle apollinien. Et l’instant de midi, fier comme l’aigle, dit d'une autre manière, la plénitude de la puissance intemporelle de son amour de minuit. Le serpent a en effet besoin de l'étonnante fulgurance de l'aigle. Il ne peut en rester à ses enlacements multiples et rusés, car il ne peut créer seul la plénitude de son devenir terrestre. Ici et maintenant, en quelque lieu que ce soit, ce qui est rassemblé se dispersera, la lourdeur redeviendra légère, et cela, éternellement : "Le centre est partout, tortueux est le sentier de l’éternité." [44] Par ailleurs, la vérité de ce retour éternel ne peut pas être dite par un moi collectif (niveleur, grégaire, donc servile), car elle doit être affirmée d'une manière inconditionnelle, fortuite et inconsciente dans une brève et insaisissable intuition qui, bien que rapportée à des concepts, échappe à l'enseignement ; mais elle se prouve elle-même par la force de l'extase innocente qu'elle impose. Cette extase conduit ensuite vers quelques balbutiements, puis au mutisme et à l'oubli, car les impulsions qui l'inspirent sont d'une irréductible opacité, du reste totalement étrangères à celui qui les éprouve en tant qu'être fini.

 

   k) La dévorante folie de la transgression. C'est à partir d'une frayeur de l'homme devant des profondeurs qui le menaçaient que la philosophie de Nietzsche a sans doute ouvert sa probléma­tique sur l'expression de son étonnante et prodigieuse créativité. Entre la clarté d'une force et l'obscurité d'une faiblesse, entre la noyade de la pensée dans des sensations et son grandiose sursaut, le philosophe a décidé de dire oui au dionysiaque, c'est-à-dire au douloureux, voire effrayant, déclin de tout ce qui vit. Suprême et orgueilleux défi, situation insensée, quelle terrible folie que de vouloir l’effondrement total du réel en même temps que sa restauration ! Mais cette ouverture sur l'Impossible, sur le totalement Impossible qui attise les poussées délirantes de l'imagination, est à la fois poétique et religieux. C'est la folie dionysiaque d'un créateur dominé par des forces vitales surabondantes qui le poussent même à "commettre l'effroyable," [45] c'est-à-dire à détruire, à dire des méchancetés et à aimer des laideurs, parce qu'il sait que toute création requiert de multiples destructions. Mais les paroles de Nietzsche savent aussi se moquer de leur propre auteur, de ce pitre qui s'amuse à transgresser sa propre finitude en créant des représentations (des simulacres) capables de lui procurer beaucoup de jouissance dans et par une intensification de l'excitation qui nourrit ses divers phantasmes. Ainsi, la transgression des limites du réel est-elle devenue l'œuvre d'un désir qui s'est parfois laissé transporter par ses métaphores et par ses symboles, tout en cherchant à conserver un pied hors de l'abîme ! Cette dangereuse déréalisation était d'ailleurs surtout l'œuvre d'une parole sensible et dynamique. Car le langage du philosophe parle vivement à partir d'images qui traduisent métaphoriquement le manque inhérent à tout désir. Or, ce que vise l'amour chez Nietzsche, c'est un lien avec des fictions et non de simples relations humaines qui renforceraient le champ des possibles. En conséquence, le désir a conduit le philosophe vers une sorte de folie ordinaire où il s'est cru sujet absolu de sa parole en espérant faire entrer l'infini dans la finitude de sa réalité inachevée. Le dépassement extravagant de sa propre réalité humaine lui a alors permis de créer des images délirantes, presque divines, qui exprimaient l'impossibilité d'assouvir un manque, même en inventant d'extraordinaires figures symboliques. Et cette transgression irresponsable, ce "dépassement de la limite indépassable" [46] n'a pu ensuite conduire le philosophe, comme l'écrit Blanchot, qu'à une perte totale du sens du réel : " La transgression n'est pas un acte dont, dans certaines conditions, la puissance de certains hommes et leur maîtrise se montreraient encore capables. Elle désigne ce qui est radicalement hors de portée : l'atteinte de l'inaccessible, le franchissement de l'infranchissable. Elle s'ouvre à l'homme lorsqu'en celui-ci le pouvoir cesse d'être la dimension ultime."

 


[1] Heidegger, Nietzsche II, Gallimard, 1976, traduction de  P. Klossowski, p.35

[2] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Le voyageur, op.cit., p. 177.

[3] Nietzsche, La Naissance de la tragédie, p. 32.

[4]  Conche (Marcel), Analyse de l'amour et autres sujets, PUF, 1997, p. 9.

[5]  Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, L’enfant du miroir, op.cit., p. 97.

[6]  Nietzsche, Ibidem, Le prologue de Zarathoustra et Le chemin du créateur.

[7]  Nietzsche, Seconde considération intempestive, op.cit., p. 77.

[8]  Nietzsche, Ibidem, op.cit., p. 76.

[9]  Nietzsche, Le Gai savoir, § 301.

[10]  Nietzsche, Seconde considération intempestive, op.cit., p. 174 : "Par le mot non-historique, je désigne l'art et la force de pouvoir oublier et de s'enfermer dans un horizon limité."

[11]  Nietzsche, Ibidem, op.cit., p. 75.

[12] Nietzsche, Seconde considération intempestive, op.cit., p. 77.

[13] Nietzsche, Ibidem, op.cit., p. 101.  

[14] Nietzsche, Poèmes, Le silence d'airain, p. 180.

[15] Nietzsche, Seconde considération intempestive, op.cit., p. 100. 

[16] Nietzsche, Le Gai savoir, § 341.

[17] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Les trois métamorphoses, p. 37.

[18] Nietzsche, Le Gai savoir, § 285.

[19] Nietzsche, Ibidem, § 295.

[20] Nietzsche, Ibidem, § 297.

[21] Granarolo (Philippe), Nietzsche, l'enfant, le retour, Revue de l'Enseignement philosophique de mars-mai 2014, p. 41.

[22] Nietzsche, Le Gai savoir, § 276.

[23] Nietzsche, Le Voyageur et son ombre, § 344.

[24] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Le Chant d’ivresse.

[25] Nietzsche, Poèmes, Sur l'eau - gloire, p. 194.

[26] Nietzsche, Fragments, 1881-1882.

[27] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Le Chant d'ivresse, 10, p. 367.

[28] Blanchot (Maurice), L'Entretien infini, p. 223.

[29] Nietzsche, Le Livre du philosophe, Aubier, p. 183.

[30] Nietzsche, Ibidem.

[31] Granarolo (Philippe), L'Individu éternel, l'expérience nietzschéenne de l'éternité, Vrin, 1993, p.115.

[32] Conche (Marcel), Philosopher à l'infini, PUF 2005, p. 120.

[33] Conche (Marcel), Ibidem, p. 124.

[34] Nietzsche, voir Le Livre du philosophe, IV, § 27, p. 47.

[35]  Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, De la vertu qui donne.

[36] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 2, p. 255.

[37] Nietzsche, Fragments sur l’énergie et la puissance, Éd. des Lettres modernes, Paris, 1957, p.7.

[38] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Avant le lever du soleil.

[39] Nietzsche, Ibidem, Midi.

[40] Nietzsche, Ibidem, Des trois maux.

[41] Nietzsche, Le Gai savoir, § 97.

[42] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Le chant d’ivresse.

[43] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Le convalescent.

[44] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Le convalescent.

[45] Nietzsche, Le Gai savoir, § 370, p. 342.

[46]  Blanchot, L'Entretien infini, Gallimard, 1980, p. 308.

Nietzsche et l'éternel retour
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À propos

claude stéphane perrin

Claude Stéphane PERRIN. Professeur de philosophie à la retraite, j'écris et je lis en méditant sur le problème de la non-violence, notamment à partir d'une idée non indifférente et non nihiliste du neutre .
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