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Claude Stéphane PERRIN

Recherches philosophiques qui, inspirées par l'idée du neutre, vont au-delà du scepticisme vers une interprétation moderne (historique et intemporelle) du principe de raison.

Qu'est-ce qu'un mythe ?

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Claude Stéphane PERRIN

 

 

Qu'est-ce qu'un mythe ?

 

 

   Le mot mythe vient du grec muthos (parole, fable, récit, légende), de muthein (parler, converser).  Contrairement à la légende qui poétise ou qui valorise un objet, le mythe est une parole collective, complexe, symbolique, fabuleuse, rêvée, fictive, voire mensongère, qui est rapportée à des temps anciens plus ou moins merveilleux, héroïques ou parfaits. Cette parole en plus (source de philosophèmes) interprète l'irrationnel et pose un possible point de départ pour toute recherche en semblant se nourrir de phantasmes ancestraux . Le mythe précède donc le logos, il donne à penser (sans être déjà pensé), ou bien il est une pensée inférieure (Hegel), un manque de pensée, un oubli de la raison, "le lit de paresse de la pensée" (1) voire une fuite de l'esprit dans la dispersion des images.

   Le mythe se nourrit en tout cas de ses propres contradictions : la femme-enfant (Lolita, B.B) ; Dionysos meurt d'être immortel ; Tristan, Faust et Don Juan concentrent passionnellement leurs énergies pour vaincre la mort.  

   Plus précisément, soit le mythe précède une origine (la formation du monde ou d'une culpabilité : Prométhée, Œdipe), soit il succède à des fins (le Paradis perdu, la destinée de l'âme après la mort, Er ressuscite chez Platon), soit il évoque des recommencements (l'éternel retour), soit il prédit un avenir (par exemple le mythe de la paix perpétuelle chez Kant, le mythe d'une uchronique fin de l’histoire (Marx), ou le mythe du progrès chez Hegel Condorcet, Comte).

 

   Cette représentation collective, cette totalité imaginaire est un modèle structuré, un ensemble clos, qui produit un sentiment protecteur dans la finitude de chaque présent et pour tous les temps. Ce sentiment peut assurer la cohésion d'une société (l'Âge d'or), d'une culture (le bon sauvage, le cow-boy), d'une attitude (le flegme britannique), d'une pensée (Dionysos ou le Surhomme chez Nietzsche, la grève générale chez G. Sorel, Sisyphe chez Camus).



1.  Nietzsche, § 192 du Livre du philosophe

 

 


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À propos

claude stéphane perrin

Claude Stéphane PERRIN. Professeur de philosophie à la retraite, j'écris et je lis en méditant sur le problème de la non-violence, notamment à partir d'une idée non indifférente et non nihiliste du neutre .
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