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Claude Stéphane PERRIN

Recherches philosophiques qui, inspirées par l'idée du neutre, vont au-delà du scepticisme vers une interprétation moderne (historique et intemporelle) du principe de raison.

LES METAPHORES COMME SOURCES DE VERITES

 

 

 

 

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LES MÉTAPHORES COMME SOURCES DE VÉRITÉS

 

par Claude Stéphane PERRIN

 

 

Approche

 

 

   "Laissez-moi donc ! Silence ! Le monde ne vient-il pas de s'accomplir ? Oh cette balle ronde et dorée ! "(1). Zarathoustra, celui qui affirme le cercle éternel, se repose à l'heure du grand midi. Le sommeil élargit son âme... Bonheur et silence ! Sagesse et folie : "Le monde ne vient-il pas de s'accomplir ? Rond et mûr ? Oh la balle ronde et dorée - où va-t-elle s'envoler ? Est-ce que je lui cours après! Chut ! " (1).

   La métaphore de la balle ronde et dorée, dans quelque langue que ce soit, désigne-t-elle le monde, à l'heure où les raisins jaunes s'offrent en abondance, ou bien le soleil, au sommet de son énergie, prêt à s'envoler ? Balancés entre les mots et les choses, nous tournons autour du sens. Quelle réalité est désignée, quel sujet parle, pourront-ils s'accorder ?

   Métaphore ! Ce mot est-il lui-même métaphorique ? Énigmatique, il nomme un changement de lieu (phora), et va encore au-delà. Non réductible aux métamorpho­ses du monde, il ne l'est pas davantage aux errances de la subjectivité. Et pourtant, il participe simultanément à l'imagination créatrice et aux contours du réel. Métaphysique, il prend part sans jamais se situer. Libre comme l'oiseau enivré par ses multiples vols incertains, il nous échappe.

   Dans ce prolongement faut-il rapporter le réel à la pensée (idéalisme de la liberté du sujet) ou bien l'homme aux proliférations concrètes du monde (ontologie du devenir) ? Nous allons montrer que la métaphore crée la rencontre sensible entre ces deux chemins opposés. Un sujet s'exprime, c'est-à-dire s'extériorise, sans supprimer l'opacité des choses et sans se refermer sur lui-même. Pensons donc dans le plat de la métaphore et dans le festin des mots assemblés en abondance. Tout peut y communiquer. Et, bien que l'essence des choses lui échappe, le langage rattache l'homme au monde. Comme trait d'union, la métaphore aime l'espace pour en changer les distances, l'horizon et les paysages. En elle, les mots ne sont plus trop grands ou trop petits pour exprimer les nuances particulières de la nature ; elle vit au cœur des attributions.

   Certes, la polysémie empêche la langue d'étendre indéfiniment le vocabulaire : le même mot possède parfois plusieurs sens différents (tour, vol…). Le cosmos désigne la beauté ordonnée de choses multiples : l'arrangement des cheveux, le harnachement d'un cheval, un groupe armé et le monde dans sa totalité… Et pourtant des vides sémantiques subsistent. Comment signifier, avec plus de force, tout ce que l'on veut dire, sans tomber dans l'opacité de la communication non contrôlée ou dans le jeu des synonymes qui servent le style en supprimant les répétitions ? Si l'on ne peut pas être clair, il faut au moins être vrai, voire en utilisant l'ironie et ses sous-entendus. La métaphore a la même fonction : elle permet de parler librement, en vérité, avec peu de mots, à côté du bavardage et des banalités de la communication ordinaire.

   Nous sommes, alors, poussés vers des projets opposés : aller vers le monde, imaginer tout le réel possible, transporter les mots auprès des proliférations concrètes de la vie, mais aussi conceptualiser, clarifier et isoler les mots par un mouvement d'abstraction qui ne les réduit pas à quelques formes définitives.

 

 

Liberté du sujet

 

 

   Pour combler les lacunes sémantiques ou supprimer le caractère arbitraire des dénominations, plusieurs procédés de rhétorique permettent des transpositions nominales : ellipses, déplacements de sens… L'hypallage, comique ou non, fausse la réalité en déplaçant les mots : qui enfonce son chapeau dans sa tête ? Dans la métonymie, le changement de nom, la substitution d'un mot par un autre, obéit à une logique de la contiguïté. Il n'apporte rien de nouveau. On remplace l'effet par la cause, ou inversement, et celui qui boit la mort peut deviner qu'il s'agit du poison. L'antonomase fait partie des métonymies. Elle étiquette autrement. Tout le monde sait que l'Apôtre des Gentils désigne saint Paul. Pour être subtile, la synecdoque, ou synecdoche, fait entendre le plus en disant le moins, ou le moins en disant le plus. On prend, par exemple, la partie pour le tout : il y a trente voiles sur le lac. Dans un autre langage, celui de la peinture par exemple, le cubisme subordonne d'une manière aussi évidente. Mais, pourtant, il manque quelques résidus sensibles pour indiquer l'ambiguïté ou la complexité du réel.

   En revanche, indifférente aux normes de la stylistique, la métaphore est-elle "la science des écarts linguisti­ques" (2) ? En tout cas elle prouve par sa force énigmatique qu'elle ne se réduit pas à quelque faute involontaire. Le sens rejeté, littéral, courant, usuel, lexicalisé, devient moins important que l'énigme proposée. Librement, une interaction s'instaure à l'intérieur de l'expression pour signifier "deux pensées de choses différentes simultanément actives" (3). Cette interprétation me semble plus pertinente que la distinction établie par I. A. Richards, entre la teneur (l'idée sous-jacente) et le véhicule (l'idée déplacée qui désigne la première), car cette distinction réduit l'expression métaphorique (et ses écarts) à un talent trop abstrait à l'égard de la réalité visée. Comme dans la métonymie ou la synecdoque on peut, mentalement, remplacer l'implicite par l'explicite puisque le cercle, peu original, de ces interactions, reste formel, séparé de toute épreuve concrète. Au reste, c'est par des images banales, répondant à un manque de mots, que la catachrèse s'est constituée (les ailes du moulin, les pieds de la table, les bras du fauteuil, le bec de la plume). L'imagination faible et un choix limité suppriment simplement, par substitution, une lacune sémantique. Or, pour ne pas se perdre dans quelques truismes, la création métaphorique requiert l'expression pertinente d'un sujet nommant son authentique relation au monde.

   C'est ainsi que, sur l'axe d'une métaphysique qui refuse l'idéalisme de la philosophie classique, "la balle ronde et dorée" de Nietzsche s'associe mystérieuse­ment au monde, ou au soleil, ou à l'âme exprimée par d'autres métaphores étrangères à la souveraineté d'un sujet conscient : "circonférence des circonférences", "nombril du temps", "cloche d'azur" (4). Le corps de cette âme instinctive veut en effet s'étendre à la totalité du monde. Grâce au rythme de ses expansions et de ses rétractations, la transposition métaphorique ne se réduit donc pas à quelques comparaisons ou analogies. Elle donne à penser en ouvrant le champ d'expériences plus intenses ou plus senties. Les mots peuvent caresser le dos des choses. Ils participent et accompagnent ce qui les dépasse, sans contrôler ce devenir. Ils vont au-delà du grossissement ou de l'affinage synecdochique.

   Le plus souvent, les métaphores citées dans les dictionnaires sont banales (cet homme est un lion) ou des métonymies plus élaborées. On interprète aisément "la lumière de l'esprit", "l'hiver de la vie", "une pluie de balles"… La relation est simplement logique. Il manque seulement une référence et un "comme" : "l'esprit est clair comme la lumière, la vieillesse blanchit la vie comme l'hiver, les balles tombent comme la pluie". Ainsi l'énigme ne fait-elle pas long feu !De la même manière, la tristesse d'un tableau peut être traduite par des prédicats (couleurs, lignes, formes) qui la dénotent. En devenant trop simple, le virtuel disparaît avec l'expression qui le transportait.

   Il est vrai, toutefois, que certaines métaphores sont trop simples parce qu'elles sont décomposables en deux synecdoques. En tant que "cloche d'azur", l'âme particularise l'énergie vitale de sa matière sonore et l'élargit à tout le bleu du ciel ou de l'air. Car le concept, cette représentation claire et distincte d'un objet, n'a pas le dernier mot. Et nul ne construira une métaphore avec deux synecdoques sans l'imagination d'un lien possible entre le sujet et le monde. Paradoxalement, le figure de rhétorique non métaphorique n'a pas de visage. Elle préfère l'antonomase, le cliché et le masque. Elle modifie l'emploi ou le sens des mots sans révéler les forces objectives et subjectives qui rendent ces jeux possibles. Elle se déploie, enfin, dans un espace figé et clos où elle n'apporte rien. Métonymique, son abstraction est privée de finalité, de perspectives, donc de vérité.

   Par ces différenciations, nous approchons du cœur de la métaphore. Malgré ses imprécisions, la définition d'Aristote nous met sur la voie : "La métaphore est le transport à une chose d'un nom qui en désigne une autre, transport ou du genre à l'espèce, ou de l'espèce au genre, ou de l'espèce à l'espèce ou d'après le rapport d'analogie" (5). Nous sommes alors dans une ontologie où l'art créatif tire sa finalité de la nature (φύσις) sans s'y réduire. Car la nature possède un principe d'action interne. Elle agit sur sa propre matière. Pour l'imiter, il faut qu'un agent extérieur, l'homme, puisse choisir de parler de tel genre ou de telle espèce. La soumission au réel implique également une valorisation de l'imagination et de la pensée sélective, qui devient alors faible, synecdochique, dans les deux premiers déplacements (du genre à l'espèce, ou inversement) et forte, métaphorique, dans les deux autres. Toutefois, si le genre est un concept, le rapport d'analogie paraît être l'œuvre de la seule intelligence comparative. Le poète sentira moins les nuances entre les espèces qu'il ne saisira des rapports proportionnelle­ment égaux entre des genres qui se rapprochent eu égard à la ressemblance.

     Lorsqu'elle n'est pas triviale, la métaphore exprime, extériorise une existence, une liberté, sans se laisser dominer par ses échecs. Elle clarifie l'expérience de la pensée inconsciente qui prolifère et elle parvient aussi à raffermir la volonté d'un dépassement de tous les écarts de la parole. Confrontée à la réalité extra-linguistique du sujet et du monde, elle réussit une extension du sens, une "plus-value" (6) sémantique, féconde et pertinente. En évitant de penser abusivement une chose dans les termes d'une autre, elle prouve la maîtrise de la volonté sur l'instinct. La folle ivresse des désirs ne trace plus les zigzags de ses illusions. L'énigme métaphorique concentre le problème.

   Conscient et inconscient, le sujet exprime ses forces créatrices, y compris celles de la volonté de connaître le monde et de se reconnaître. Des forces structurantes méconnues travaillent secrètement. L'imagination pourrait-elle ignorer les concepts d'unité et de totalité ? Ne sait-elle pas que le sujet pensant et la volonté de métaphoriser vivent côte à côte, conjointement ?

   Plus précisément, posons une hypothèse théorique dans une forme métaphorique. La métaphore serait une circonférence, le sujet qui la crée serait au centre. Dans ce cadre une liberté peut se réaliser, vouloir ses possibles et, en même temps, pouvoir son vouloir, proliférer et se contrôler. L'essence cachée de la nature n'est-elle pas aussi mystique que le sens de cette liberté créatrice ? Comment maîtriser le jeu qui subsiste entre l'acte de dénomination et l'impossibilité d'énoncer toutes les nuances du réel ? En préférant la métaphore "in abstentia" (7) qui supprime le sujet de la métaphore, on fait pourtant acte de liberté.

   Lorsque la sémiotique étudie la fonction propre des mots, elle conceptualise, "focalise" (8) sur l'emploi de tel mot plutôt que de tel autre, indépendamment de la plus-value de sens que l'énoncé métaphorique complet pourrait lui conférer. Chaque mot est un peu considéré comme un outil sorti de la boîte bien faite et bien pleine de la langue, ou comme une pièce de jeu d'échecs susceptible de remplir une fonction bien précise. La langue, structure préétablie de la communication sociale, permet ces abstractions qui réduisent les métaphores à des métonymies ou à des synecdoques impertinentes. Transgresser l'ordre de la dénomination requiert, certes, le cadre de la phrase. Mais la focalisation sur un seul mot affaiblit la dynamique de la métaphore. Benveniste (9) coince ainsi le mot entre le phonème, cette forme sonore insignifiante (lettre ou syllabe), et la phrase. Dans la métaphore banale, dite de substitution, le mot choisi ne perd pas de vue celui qu'il remplace. On tourne dans le vide.

   En réalité, le remplacement d'une idée commune par une idée nouvelle, inattendue, reçoit sa pertinence du cadre de la phrase où l'énonciation est effectuée par un vouloir qui réduit, d'une manière singulière, l'écart entre les mots et les choses. De plus, le sujet seul est responsable de la force par lui créée. Bien que non-métaphorique, le vide offert par le coq-à-l'âne ne trouve-t-il pas un sens, en dehors de la langue, dans le projet libre d'exprimer la dissémination du réel ? Par ailleurs, l'impertinence prédicative ("le ciel est mort") n'existe que par rapport à des règles usuelles surtout indifférentes à l'acte poétique de Mallarmé. Dans un registre différent, les épithètes redondantes ("la verte émeraude" de Vigny) suppriment les différences pour mieux les restaurer en soulignant l'impossibilité de nommer véritablement le réel. Avec cette même volonté, la métaphore créatrice réduit l'écart des transpositions nominales. Elle le maîtrise par le cercle autonome qu'elle trace autour du sujet : il a choisi la pertinence que seul le monde lui proposait, il a aussi choisi sa manière d'être pertinent malgré et avec les écarts.

   Si, dans ses liens avec les choses, la langue ne recouvre pas toutes les nuances objectives et subjectives du réel, le cercle métaphori­que s’impose comme la seule possibilité de par­ler librement : il maîtrise les écarts initiaux. La réversibilité ja­mais n’épuise son expansion dans l’hétérogénéité. Pour prouver le contraire, il fau­drait admettre qu’il n’y a pas d’autre modèle qu’une langue neu­tre, non figurée, imper­sonnelle, « incolore et morte » (10). Or la science nous rap­pelle encore aujourd’hui l’impossibilité d’un de­gré zéro de l’expression.

   Pour que l’énigme ne soit pas forcée, factice ou banale, la vo­lonté de structuration refuse donc de se réduire à quel­que « filtre » (11) qui se contenterait d’éliminer les ressem­blan­ces trop évidentes. Comme dans la poésie, elle doit être ins­pirée et non à l’image d’une autre énigme. Selon Aristote, cela suppose des dons naturels (12). Pour cela, le poète re­tourne-t-il son acti­vité contre celle de la nature ? Ses forces ne lui appartiennent pas totalement, il les a re­çues, il devra les rendre. Mais l’expression, d’abord, fait l’expérience d’un dynamisme commun à l’homme et au monde : « Je dis que les mots peignent quand ils signifient les choses en acte » (13). Le désir de visualisation peut alors sug­gérer des rela­tions cachées, des rythmes secrets. Mais surtout, la méta­phore nous situe dans un espace plus ré­duit, plus condensé, que celui du monde évoqué.

   Néanmoins, l’ontologie aristotélicienne vise intellectuel­lement, non concrètement, le réel. Ses bonnes métaphores préfèrent de justes rapports entre des unités génériques. Elles se construisent clairement comme des analogies, s’approprient des idées « parentes quant au genre » (14). L’énigme poétique devient déri­soire dès lors qu’elle repose sur des substitutions illogiques : « Si le poète écrivait en mots non ordinaires (métaphores, mots rares, etc.), le résul­tat serait soit l’énigme, soit le jargon ; énigme, s’il s’agit de métaphore ; jargon, s’il s’agit de mots rares ; l’essence de l’énigme consiste à décrire quelque chose par une combinai­son impossible de mots ; on ne peut y arriver en combinant sim­plement des mots ordinaires, mais en com­binant des métapho­res » (15).

   Croire à la valeur de l’énigme métaphorique n’est pour­tant pas naïf si l’on veut affirmer quielque relativisme. Tout devrait cependant être dit dans des termes appropriés. Dans l’oxymore (ou oxymo­ron), par exemple, l’alliance de mots contradictoires affaiblit la volonté de sélection. Factice parfois, l’opposition entre le proche et le loin­tain supprime l’énigme. La sur­prise ne dure pas. « Le silence élo­quent » nous révèle aussi­tôt que l’épithète impertinente, méto­nymique, est l’effet d’une cause précise : il y a un langage plasti­que. « L’obscure clarté » dé­signe le caractère ineffable de Dieu. Sa lumière est la cause du mysticisme. Nous préférons les repré­sentations qui jamais ne s’épuisent dans leur sens, et dont les si­gnifications créent de nouvelles figures.

 

 

Vérité et force de la métaphore

 

 

   Or, la métaphore naît au sein de l’imaginaire, cette fiction du Tout, qui rassemble l’imagination et la pensée du réel, c’est-à-dire l’homme qui interprète à l’aide du langage les multiples métamorphoses de la nature. Le Tout ne se ré­duit pas à un ensem­ble de faits ; l’homme agit sur le monde et réciproquement. Sub­jectif et objectif, il rend pos­sible l’idéalisation du réel et la réali­sation des êtres. L’expression métaphorique prouve, par l’expérience forte d’une certitude irrationnelle, que tous les faits ne sont pas encore donnés, que tous les fruits ne sont pas mûrs. Idéa­lisme et réalisme ne créent-ils pas, en ce cas, les liens néces­saires à l’invincible espérance d’une victoire de l’homme pen­sant ? Le désir de connaître doit aussi se satisfaire, peu ou prou.

   Énigmatique, la bonne métaphore ne se referme pas sur elle-même. Elle s’envole comme « la balle ronde et dorée » de Nietz­sche. On a l’intuition qu’elle vise le réel. Pour cela, le déplace­ment (l’épiphore) ne se limite pas au nom. Il transpose, trans­porte pour rapprocher et réduire les dis­tan­ces. Le jeu entre le sens propre et le sens figuré ne rend pas compte de son dynamisme. Peu à peu approche le moment où, oublieux des métaphores, s’étireront plus vi­vement les concepts. Dans une pensée symboli­que, par exemple, l’unité révélera ses liens nécessaires avec le mul­tiple. Chaque frag­ment estompera ses formes pour mieux rapporter les parties au tout. L’analogie intellectualisera une seule direction pos­sible, celle de la solution claire, de la para­phrase exhaustive.

   Au centre de la circonférence de l’expression métaphori­que se réalise la vérité de toutes les transpositions possi­bles. Le rempla­cement d’un mot par un autre crée de nou­veaux liens opératoires avec le monde. Alors s’unissent mystérieu­sement l’imagination et la volonté sélective, cette force structurante cachée. La première s’élargit et se mêle au monde, prolifère ; la seconde se rétracte et exclut. C’est en partie grâce à l’action bipolaire de ce dualisme des fa­cultés humaines que la métaphore non triviale reste énig­matique. La substitution peut alors être dépassée par une finalité supé­rieure : le devenir réversible de la vérité éprouvée au sein de la tension (16) circulaire de la repré­sentation métaphorique qui objective pour signifier et si­gnifie pour montrer.

   La métaphore « vive », selon le titre du livre de Paul Ricœur, ex­prime « l’existence vive », « l’expérience vive » (17). Conserve-t-elle toujours cette énergie au sein d’une certitude intuitive, sub­jective, immédiate ? Serons-nous toujours convaincus de la vita­lité de ses racines ? Quitte­rons-nous les sources des premières expériences réussies de la parole créatrice de l’homme nommant son rapport au monde, se laissent investir par lui ? Comment sa dimension spatio-tem­porelle préserve-t-elle son extension dans l’intuition vraie d’une harmonie entre l’objectivation et la géné­ralisation ?

   « La mer est la sueur de la terre », cette métaphore de Homère a-t-elle vieilli ? Sentie, éprouvée, vécue, ni elle ne se démontre, ni elle ne s’épuise. Les concepts de la science maritime ne lui ont rien ajouté, ni retranché. Or, selon Nietz­sche, certaines métapho­res sont devenues des concepts illu­soires. Nous sommes joués par notre igno­rance des généalo­gies : « Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont, des métaphores qui ont été usées et qui ont perdu leur force sensible, des pièces de monnaie qui ont perdu leur empreinte et qui entrent dès lors en considéra­tion, non plus comme pièces de monnaie, mais comme métal » (18).

   La métaphore nietzschéenne de l’usure monétaire est, on le voit, frappée de scepticisme. Eu égard au pragmatisme, elle ne vaut plus rien. De plus, elle dévalorise le concept, toute forme de pensée pertinente du réel. Il ne reste qu’un jeu de l’être dans l’être. Tout doit redevenir plus sensible, grâce à la métaphore, afin que prolifèrent les possibilités du monde du devenir, en même temps unes et multiples. Pour cela, « la balle ronde et do­rée » ne prétend pas dire une vé­rité défini­tive, elle crée des sens multiples afin de condam­ner toute métaphysique de l’unification rationnelle des choses. Il n’y a pas de centre, pas de chemin ; les métapho­res idéalistes de la transcendance, de la lumière ou du so­leil, sont remplacées ou transmutées. Tout doit graviter partout : d’autres soleils, des étoiles nouvelles.

   Et en forçant les hasards à « danser des danses d’étoiles » (19), une harmonie musicale se crée, sans autre chef d’orchestre que l’innocence du devenir. Sur des tapis d’étoiles, la tente multico­lore de cette nouvelle métaphysi­que produit l’ontologie d’une dispersion et d’une unifica­tion éternelles. L’instinct suffit pour faire graviter des étoi­les autour de soi, dans la légèreté et dans la lourdeur, d’un ma­nière moins lointaine et moins statique que le ciel de Kant.

   Faute d’idéalisme, la « balle ronde et dorée » ne sera pas saisie par l’esprit. Elle déploie cependant ses significations en s’associant aux métonymies anthropomorphes du soleil, qui orientent la fable de Nietzsche vers une interprétation plus com­plète, mais guère plus claire. Le soleil de Zara­thoustra, un soleil d’or, inexorable et brûlant, parle aux té­nèbres de la terre. Impla­cable, il détruit ou obscurcit. Il faut l’aimer innocemment, car il ravive la puissance du désir créateur. Solitaire et ardent, il a be­soin de l’amitié de la nuit profonde. Il répand dans la mer l’or de sa richesse inépui­sable afin de la persuader de monter à sa hau­teur (20). Ainsi font également les proverbes, les paraboles et les al­légories, puisqu’ils ne contiennent que des expressions mé­ta­phori­ques. Ils mettent sur la voie où, si l’on veut se libé­rer de ces énigmes par le pouvoir et la volonté de connaî­tre, les concepts pourront interpréter plus clairement le réel.

   Dès lors que l’on suppose que l’instinct créatif ne suffit pas pour créer la pertinence des métaphores, il faut admet­tre que le concept ne naît pas d’une usure de l’instinct de connaissance. Il est déjà secrètement présent dans le choix des transpositions : a priori (universel et nécessaire) comme chez Kant. Il voit les gen­res, les espèces. L’homme ne sort pas informe des bras de la na­ture. Souvent joué par nos illu­sions, nous ne pensons pas que l’esprit humain ne soit qu’un organe faible, ou affaibli, qui ne parviendrait donc pas à rap­porter le réel à sa pensée. Il possède toujours des repères né­cessaires au rythme de son investigation des choses. De son côté, la métaphore pense et donne à penser, à interpréter, à conceptualiser. En son sein, l’absence, l’invisible et le caché révèlent quelques vérités générales du devenir des mé­tamor­phoses de la totalité du réel.

   Lorsqu’elle surprend, la métaphore n’est pas toujours ab­surde, illogique, comme celle de Prudhomme : « Le char de l’État navi­gue sur un volcan». Pertinente, elle pose l’énigme du réel : pour l’observateur extérieur, la route monte et des­cend si elle doit par­courir les deux versants d’une mon­tagne. On perçoit encore la contradiction sous un seul rap­port, mais plus large. La métaphore signifie, d’une manière alogique plus subtile, deux aspects indis­sociables du réel : le visible et l’invisible. Son énigme exprime surtout, en vé­rité, l’intense et imprévisible devenir de la nature.

   Morte, la métaphore devrait contenir, comme les méto­ny­mies et les synecdoques, davantage de concepts. Mais ce qui advient s’éclaire par l’acte créateur originaire. Comment le concept pourrait-il alors démasquer ou raviver la métaphore ? En fait, nos croyances précéderont encore nos connaissances sans entretenir l’illusion d’une exclusion pos­sible de la métaphore par le concept (le rationalisme) ou du concept par la métaphore (Nietzsche) : « La métaphori­cité est non maîtrisable… et la cou­che des premiers philo­sophè­mes est elle-même métaphorique » (21).

   Le concept n’est donc pas un condensé de métaphores, ni la métaphore un condensé de concepts. L’un ne peut pas ju­ger l’autre, ni inversement. Ils triomphent, à tour de rôle, au terme de productions différentes : la création poétique, la construction philosophique. La première fait proliférer les sens sans savoir où elle va, la seconde abstrait, c’est-à-dire sépare pour géné­raliser en interrogeant l'infini. Une métaphysique rationnelle, certes, ne supprime jamais totalement le muthos (fa­ble), mais elle crée ses analo­gies à partir des concepts. Aporéti­que, la fable de Zara­thoustra aime le métaphorique. Elle reste pourtant méta­physique, l’idéalisme étant remplacé par la divini­sation de la nature. L’illusion surgit ainsi comme la seule vérité possible du devenir des apparences qui ne délivrent pas tous leurs se­crets. La noix de chaque existence déplace vers le concret l’énigme du cen­tre. La métaphore « usée », séparée du sujet qui la crée, meurt pour rien. Elle ne sera jamais ravivée ni capa­ble de nourrir le projet libre d’une conceptualisation du réel. Elle ne sert plus, on peut l’oublier ou la moquer.

   Dans une ontologie de la métaphore, le problème de l’imitation (mimêsis) est central. Plutôt que de désigner abstraitement un objet par des qualités trop générales – l’arbre n’est plus que ra­cine, tronc, branches, feuilles, ou épines… tilleul, peuplier ou sapin… et non tel chêne pré­sent à la vue – la métaphore particu­larise en voulant concrétiser. Le mal lui-même possède des raci­nes ! Certes, de nombreu­ses substitutions n’apportent rien de plus tan­gible (milliers remplaçant beaucoup). Il ne s’agit pas davan­tage de la maté­rialité sonore des mots. On peut les traduire dans une autre langue. Dans la poésie, le sens s’impose avant l’allitération. Mais pourquoi « la balle ronde et do­rée » nous semble-t-elle aussi proche que le soleil ou le monde écrasé par les rayons de midi ?

   Pour se constituer, la métaphore particularise, imite au plus près et, en même temps, éloigne, sélectionne. La rela­tion est claire : il faut vivre au cœur de cette interaction. Afin de maîtriser l’écart initial entre les mots et choses, le sujet laisse son imagi­nation errer dans son rapport senso­riel aux images du monde. Les mots lui semblent bien loin ; des re­présentations visuelles essaiment d'une manière chaoti­que. Se­crète­ment, la pensée juxtapose, apporte son pouvoir d’unification et de totalisation dans la rencontre per­tinente des mots et des images. Par son activité sélective, elle fonde la possibilité d’une ressemblance renforcée, plus vive, plus sentie, parce que voulue.

   Imitation et nouveauté, prolifération et sélection jamais ne se séparent. Et plus la surprise du choix effectué paraît grande, meilleure est la métaphore. Lorsque l’imagination ne perd pas de vue le concret, le métaphorique associe la repré­sentation de plu­sieurs objets, implicitement, sans que l’on puisse les séparer. Chaque mot s’écarte du sens de la langue commune pour valori­ser, avec pertinence, le choix de ses nouvelles perspectives. Ex­pressive des réalités tan­gibles, sans parvenir à englober toutes leurs proliférations, la méta­phore se présente ainsi comme une première vérité possible qui dit, énigmatiquement, tout ce qu’elle peut si­gnifier. Elle fait secrètement travailler les forces structu­ran­tes de la pen­sée qui pourraient fuir cette idéalité en attei­gnant les cimes conceptuelles de la connaissance objective.

   Si, improvisée, la réussite de l’énigme métaphorique ne tient pas, comme le pense Nietzsche, « du miracle par sa soudaineté » (22), c’est parce qu’il y a le risque d’associer des idées hétéroclites. La trouvaille requiert des comparaisons préalables, la découverte heureuse de ressemblances inat­tendues, d’identités saisies au cœur des différences. L’insolite doit également contenir une per­tinence intellec­tuelle et sensible. Par la synesthésie ne découvre-t-on pas, spontanément, des ressemblances entre différentes sen­sa­tions ?

   Entraînée par le mouvement et les changements des ap­parences du monde, l’imagination erre au hasard de ses imi­tations et de ses vertiges. La volonté de sélection voit les dif­férences, trie, sans parvenir à s’abstraire. Dans une mé­taphy­sique de la création, il faut admettre que le jeu des facultés s’enracine dans une expé­rience existentielle dis­continue, laissant parler les débordements et les hasards ca­chés du de­venir de la nature.

   Pour cela, la métaphore n’est pas une « comparaison abré­gée » (23) ou sous-entendue. Même si elle utilise le « comme » ou le « tel que », même si elle compare incons­ciemment des images, la volonté sélective impose aussi une corrélation ouverte à toutes les possibilités du réel, ex­cluant donc toute identification éventuelle. En disant : « il est un lion », on renvoie autant à l’animal et au courage qu’à celui qui est défini. Dans l'expression poétique « la terre est bleue comme une orange », Éluard oppose la couleur de l’une à celle de l’autre, tout en maintenant une forme pertinente commune. Par comparaison chacun peut établir une identification banale ou ab­surde : la terre est bleue et elle a la forme d’une orange, la terre est comme une orange bleue. Or, le « comme » se joue ici des rapproche­ments qui voudraient supprimer l’écart et clarifier les termes en présence. Au reste, les métaphores poétiques ne doivent pas être isolées de la thématique d’un au­teur.

   Dualisme de la pensée et réalisme du devenir fondent ainsi l’énigme de la tension métaphorique, expressive, par son dynamisme, des métamorphoses de la totalité. Mais « peut-on créer des métapho­res sans y croire et sans que croire que, d’une certaine façon, cela est ? » (24). En apparence tangi­ble, bien qu’elle ne le soit pas, la métaphore nous rap­proche des choses. Elle vise le concret et transporte des émotions. Réussie, elle exprime une subjectivité libre qui dépasse le cadre de ses contraintes. Vive, forte, sa vision du monde condense, solidifie (concrescere) tout en préservant son dy­namisme interne. En elle, le verbe « être » ne définit pas seu­lement, il bouge, vit, respire, veut, agit, devient. Com­ment pour­rions-nous être au monde, au cœur de nous-mêmes et des choses, sans cette manière de nous exprimer, de créer ?

   Née de la poésie (poiêsis), cette connexion de l’imitation et de l’invention, les métaphores précèdent ainsi les constructions concep­tuelles. La philosophie découvre sur le tard les jalons de la sagesse et de la science. Et pourtant la pensée expri­mait déjà sa volonté de connaissance par des moyens diffé­rents. « Poème en mini­ature » (25), la métaphore signifie et valorise d’une certaine ma­nière puisqu’elle crée, humanise et différencie. Nourris par le même sol, l’arbre métaphori­que et l’arbre poétique ont des fruits semblables. Les concepts de la philosophie, en revanche, hostiles à toute énigme, déno­tent, c’est-à-dire unissent explicitement et to­talement l’objet à son sens. Ils traduisent le réel dans une lan­gue neutre, im­personnelle, dont l’universalité se réalise par et dans le tra­vail de la seule intelligence. Pour interpré­ter le cercle des métaphores, ils doivent en arrêter le deve­nir, ne saisir que des structures intellectuelles. Jamais ils ne comprennent alors les forces rayonnantes de la subjectivité. Aussi peut-on aimer les moments heureux où la pensée poétise pour que la méta­phore pense un peu et donne surtout à penser ses énigmatiques tensions ! Les catégories de la langue ne sont pas alors responsables de cette finalité idéaliste et ontolo­gique, esthétique et éthique.

 

 

Valeurs

 

 

   Au-delà d’une rhétorique de la métaphore qui autopsie les formes, chacun peut dépasser toute taxonomie, tout savoir-faire surveillé susceptible de persuader, flatter, séduire ou convaincre. Au-delà des jeux du langage rendus plus sé­dui­sants par quelque ornement superflu ou par le caractère in­solite des substitutions, il faut oublier le décoratif qui n’habille que le seul plaisir de revoir, sans effort, ce qui a déjà satis­fait.

   Or, la beauté de la métaphore puise sa sève dans les ima­ges évanescentes et créatrices du monde. Elle pourrait imiter la beauté naturelle ! Mais, jamais descriptive, elle préfère l’émotion et la sensation intimes. En liant ou rapprochant le visible et l’invisible, elle densifie. Sa belle énergie produit chaque fois une autre dimension. Ne crée-t-elle pas une origine, un nouveau commencement, le surgissement d'une parole libre ? En elle, l’inattendu étonne par sa force. Ramas­sée, brève, humani­sée, sa forme circulaire compresse son dyna­misme.

   Par ailleurs, l’impertinence prédicative, eu égard à la lan­gue ordinaire, ne joue plus lorsqu’on situe la métaphore dans le champ du poétique. Là le sujet crée ses propres rè­gles et ses pro­pres valeurs. Il agit vraiment. Une éthique de la méta­phore est aussi possible. Elle se ré­alise alors à partir d'une réévaluation de la parole aux dépens des habitudes linguistiques et des naïve­tés ré­alistes. Librement, l’homme s’impose un devoir d’authenticité qui, à la fois, l’humanise pour autrui et le rap­proche du monde. En refusant les clichés, les métapho­res mortes, banales, usées ou forcées, in­constantes, fortui­tes, on parcourt le chemin inépuisable du réel. Et la gaieté inhérente à l’activité créatrice rend sans doute possible de nouvelles valeurs.

   En attendant, il nous reste les énigmes métaphoriques pour élargir nos étonnements. Car de Dieu nous ne possé­dons ni méta­phores, ni concepts pertinents. Son langage transcen­dant, exté­rieur et supérieur, ne nous est pas com­mun. S’il existe, il est peut-être le principe de toutes les mé­taphores qui étirent les subjecti­vités en tous lieux dans leur devenir : « Dieu est une sphère dont le centre est partout, la cir­confé­rence nulle part » (26). Dans la métaphore créatrice la méta­physique surgit souterrainement. Son cercle se dé­ploie sans se séparer des sources secrètes qui fé­condent son jaillis­sement. Nous vivons alors au cœur du changement perma­nent de notre relation au monde. La métaphore unit ainsi une onto­logie du dynamisme de la réalité à un idéalisme de la perti­nence des sources de la pensée. Elle personnifie ce qu’elle saisit du monde et elle universalise l’homme créateur.

 

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1. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, IV, Midi, traduction française :  Henri Thomas, Gallimard, Livre de poche, 1963, p. 316.

2. Cohen (Jean), Structure du langage poétique, Flammarion, 1966, p. 15.

3. Ricœur (Paul), La Métaphore vive, Le Seuil, 1975, p. 105.

4. Nietzsche, op.cit., ibid.

5. Aristote, Poétique, 1. 457 b 6.

6. Derrida (Jacques), La Mythologie blanche, Le Seuil, "Poétique", 5,  1971, p.2.

7. Ricœur (Paul), op.cit.,  pp. 141, 209, 217.

8. Black (Max), Models and metaphores, Ithaca, Cornell, University Press, 1962. Voir P. Ricœur, op.cit., p. 169.

9. Benveniste (Émile), Problèmes de linguistique générale,  Gallimard, 1966. Voir Paul Ricœur, op.cit., p. 89.

10.Tzvetan Todorov, Lttérature et signification, appendice : « Tropes et figures », Larousse, 1967. Voir Paul           Ricœur, op. cit., p. 180.

11. Max Black, op. cit. Voir Paul Ricœur, op. cit., pp. 114,243, 245, 271.

12. Aristote, Poétique, 1459 a 7.

13. Aristote, Rhétorique, III, 11, 1411 b 24.

14. Aristote, ibid., 1405 a 37.

15. Aristote, Poétique, 1458 a 23.

16. Paul Ricœur, op. cit., p. 271.

17.  Ibid., pp. 61, 391.

18.  Nietzsche, Le livre du philosophe, traduction française : A.K. Marietti, Aubier-Flammarion, p. 181.

19. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, op. cit., p. 265. Voir aussi pp. 23, 76, 143, 160.

20. Ibid., pp. 121, 124, 125, 145, 146, 169, 229, 248, 257, 369.

21. Paul Ricœur, op. cit., p. 365.

22. Nietzsche, Humain trop humain, I, 145, Gallimard, 1968, p. 119.

23. Paul Ricœur, op. cit., p. 257.

24.  Ibid., p. 319.

25. M.C. Beardsley, Aesthetics, New York, Harcourt, Brace and World, 1958, p. 134.

26. Cette définition est d’un maître en théologie du douzième siè­cle resté anonyme. Lieber XXIV Philosophorum, Édition Cle­mens Baeumker, Beiträge zur Geschichte des Philosophie des Mit­telal­ters, 1928, pp. 207-214.

 

 

 

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À propos

claude stéphane perrin

Claude Stéphane PERRIN. Professeur de philosophie à la retraite, j'écris et je lis en méditant sur le problème de la non-violence, notamment à partir d'une idée non indifférente et non nihiliste du neutre .
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