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Claude Stéphane PERRIN

Recherches philosophiques qui, inspirées par l'idée du neutre, vont au-delà du scepticisme vers une interprétation moderne et différentielle (historique et intemporelle) du devenir du principe de raison.

Spinoza et la science intuitive par Joseph Moreau

Spinoza et la science intuitive par Joseph Moreau

"Mais la connaissance rationnelle n'est pas le suprême degré de la connaissance ; celui-ci n'est atteint que par la Science intuitive, qui ne se contente pas de rendre compte des choses considérées abstraitement, dans leurs propriétés générales, au moyen de notions communes, d'expliquer la succession des événements par les lois universelles de la nature, mais qui tend à la connaissance des choses singulières, considérées dans leur essence, qui veut saisir chacune d'elles comme un monde compris de toute éternité dans les attributs divins (V 25 ; cf. II 40, scol.2.). Elle ne se réduit pas à déterminer selon quelles règles s'exerce la causalité horizontale de Dieu, mais elle cherche à apercevoir comment chaque individu dépend de Dieu selon la causalité verticale. Une pareille ambition dépasse sans doute la portée de l'entendement humain, qui ne saurait embrasser dans le détail la série des choses fixes et éternelles ; mais nous pouvons du moins saisir comment notre âme, considérée dans son essence, est un mode éternel de la pensée infinie, dans lequel cet attribut de Dieu s'exprime sous une forme définie, dans une mesure finie (certo et determinato modo). (…)

   L'âme ne peut conserver, après la destruction du corps, le souvenir de son existence temporelle, puisque la mémoire repose sur l'imagination et que les idées de l'imagination correspondent aux affections du corps (V 21) ; mais le corps cependant est-il complètement détruit ? Dans la perspective spinoziste, la dualité de l'âme et du corps, qui sont une seule et même chose considérée sous deux attributs différents, s'éclipse derrière la distinction entre la forme ou essence éternelle d'un mode et les vicissitudes de son existence. (…) Notre corps ne se réduit pas à la diversité de ses affections ; il consiste essentiellement dans une structure organique, une forme individuelle, comprise dans l'organisation éternelle de la nature, et laquelle correspond dans l'entendement divin une idée éternelle, qui est l'essence même de notre âme.L'éternité des âmes résulte, dans le spinozisme, d'une application de la théorie générale des rapports de l'essence et de l'existence dans les choses singulières ou modes finis (II 8, cor. Et scol.)." [1]

 

 

[1]  Moreau (Joseph), Spinoza et le spinozisme, PUF, Que sais-je ?  n° 1422,  1971, p.80.

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À propos

claude stéphane perrin

Claude Stéphane PERRIN. Professeur de philosophie à la retraite, j'écris et je lis en méditant sur le problème de la non-violence, notamment à partir d'une idée non indifférente et non nihiliste du neutre .
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