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Claude Stéphane PERRIN

Recherches philosophiques qui, inspirées par l'idée du neutre, vont au-delà du scepticisme vers une interprétation moderne (historique et intemporelle) du principe de raison.

Le souffle de l'infini

Détail d'une œuvre de Louis Janmot intitulée L'Infini (1861), fusain et rehauts de gouache blanche sur papier, 115 x 147. Cette œuvre a été reproduite p.65 du livre de Louis Janmot intitulé Le Poème de l'âme, E. Hardouin-Fugier, La Taillanderie, 2007.

Détail d'une œuvre de Louis Janmot intitulée L'Infini (1861), fusain et rehauts de gouache blanche sur papier, 115 x 147. Cette œuvre a été reproduite p.65 du livre de Louis Janmot intitulé Le Poème de l'âme, E. Hardouin-Fugier, La Taillanderie, 2007.

 

 

Le souffle de l'Infini.

 

   Lorsque Baudelaire évoque son rapport avec l'infini, c'est pour lui attribuer une musique, celle qui le prend comme une mer  [1] :

"La poitrine en avant et les poumons gonflés

Comme de la toile,

J'escalade le dos des flots amoncelés

Que la nuit me voile".

 

   Cependant, l'infini n'est alors pour le poète qu'un "vaste éther", voire un gouffre immense, désespérant, confusément et passionnellement recouvert par un "plafond de brume". Du reste, dans un autre poème, Baudelaire ne voit que les limites d'un Infini qu'il aime et n'a jamais connu. [2] Dans cette perspective à la fois esthétique et métaphysique, comme chez Delacroix, l’infini (est) dans le fini. [3] Et jamais l'homme n’atteint l’un ou l’autre, hormis en rêve peut-être !

   En revanche, dans la poésie et dans la peinture de Louis Janmot, il s'agit d'un réel contact avec la sève toujours nouvelle de la divine Nature. Et ce contact aérien et aquatique inspire à l'homme d'inhaler profondément le souffle de cette totalité infinie :

 

"Mais une puissance divine

M'attire et m'enivre à la fois ;

Et fait trembler ma voix

Je sens une sève nouvelle

Et de la vie universelle

Les flots tumultueux et confus et divers :

Rien ne m'est étranger dans ce vaste univers." [4]

 

   Face à une impossible image de l'infini, les mots du poète permettent ainsi de sortir du cadre des apparences à la vitesse infinie d'une pensée libre.

 

[1] Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, La Musique, LXXVI.

[2] Baudelaire, Les Fleurs du mal, Hymne à la Beauté, XXI.

[3] Baudelaire, Curiosités esthétiques, Salon de 1859, p. 341.

[4] Janmot (Louis), Le Poème de l'âme, E. Hardouin-Fugier, La Taillanderie, 2007, vers 1358-1365.

 

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À propos

claude stéphane perrin

Claude Stéphane PERRIN. Professeur de philosophie à la retraite, j'écris et je lis en méditant sur le problème de la non-violence, notamment à partir d'une idée non indifférente et non nihiliste du neutre .
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