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Claude Stéphane PERRIN

Recherches philosophiques qui, inspirées par l'idée du neutre, vont au-delà du scepticisme vers une interprétation moderne (historique et intemporelle) du principe de raison.

BACHELARD ET L'AMOUR

Détail d'une photographie représentant G. Bachelard et sa fille Suzanne à Bar-sur-Aube en 1924. Cette photographie a été reproduite p.65 du livre de Pierre Quillet intitulé Bachelard, Seghers, 1964.

Détail d'une photographie représentant G. Bachelard et sa fille Suzanne à Bar-sur-Aube en 1924. Cette photographie a été reproduite p.65 du livre de Pierre Quillet intitulé Bachelard, Seghers, 1964.

Amour : "C'est aimer profondément que d'aimer des qualités contradictoires." [1]

"Ne pas pouvoir réaliser un amour idéal est certes une souffrance. Ne pas pouvoir idéaliser un amour réalisé en est une autre."[2]

"L'amour est la première hypothèse scientifique pour la reproduction objective du feu. Prométhée est un amant vigoureux plutôt qu'un philosophe intelligent et la vengeance des dieux est une vengeance de jaloux." [3]

"L'amour n'est qu'un feu à transmettre. Le feu n'est qu'un amour à surprendre." [4]  "Le brutal brise le silex, il ne le travaille pas. Celui qui travaille le silex aime le silex et l'on n'aime pas autrement les pierres que les femmes." [5]

"Que m'importent les fleurs et les arbres, et le feu et la pierre, si je suis sans amour et sans foyer ! Il faut être deux – ou, du moins, hélas ! il faut avoir été deux – pour comprendre un ciel bleu, pour nommer une aurore !" [6]

 

Sentiment : "Ce n'est pas la connaissance du réel qui nous fait aimer passionnément le réel. C'est le sentiment qui est la valeur fondamentale et première. La nature, on commence par l'aimer sans la connaître, sans la bien voir, en réalisant dans les choses un amour qui se fonde ailleurs. Ensuite, on la cherche en détail parce qu'on l'aime en gros, sans savoir pourquoi." [7]

 

Rencontre : "La philosophie de la rencontre" est une "synthèse de l'événement et de l'éternité." [8]

"Mais qu'un tu murmure à notre oreille, et c'est la saccade qui lance les personnes : le moi s'éveille par la grâce du toi. L'efficacité spirituelle de deux consciences simultanées, réunies dans la conscience de leur rencontre, échappe soudain à la causalité visqueuse et continue des choses. La rencontre nous crée : nous n'étions rien – ou rien que des choses – avant d'être réunis." [9] 

 

Désir : "La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. L'homme est une création du désir, non pas une création du besoin." [10]

 

Libido : "C'est donc avec raison que la Psychanalyse classique a marqué la suprématie de la libido sur l'appétit. L'appétit est plus brutal, mais la libido plus puissante. L'appétit est immédiat ; à la libido, au contraire, les longues pensées, les projets à longue échéance, la patience. Un amant peut être patient comme un savant. L'appétit s'éteint dans un estomac repu. La libido, à peine est-elle apaisée, qu'elle renaît. Elle veut la durée. Elle est la durée. À tout ce qui dure en nous, directement ou indirectement, s'attache la libido. Elle est le principe même de la valorisation du temps. Le temps gratuit, le temps vidé, le temps d'une philosophie du repos est un temps psychanalysé." [11]

 

Réciprocité : "Et c'est ici qu'intervient la catégorie bubérienne la plus précieuse : la réciprocité. Cette réciprocité, on ne la trouve jamais clairement sur l'axe du je-cela. Elle n'apparaît vraiment que sur l'axe où oscille, où vibre, le je-tu. Alors, oui, l'être rencontré se soucie de moi comme je me soucie de lui ; il espère en moi comme j'espère en lui. Je le crée en tant que personne dans le temps même où il me crée en tant que personne." [12]

 

 


[1] Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique, Vrin, 1970, p.181.

[2] Bachelard, La Dialectique de la durée, PUF, 1972, p.141.

[3] Bachelard, La Psychanalyse du feu, Gallimard, (1949) 1965, p.47.

[4] Bachelard, La Psychanalyse du feu, Gallimard, (1949) 1965, p.48.

[5] Bachelard, La Psychanalyse du feu, Gallimard, (1949) 1965, p.57.

[6] Bachelard, Préface du livre de Martin Buber intitulé Je et tu. Aubier, 1969, p. 11.

[7] Bachelard, L'Eau et les rêves, Corti, 1942-1971, p.155.

[8] Bachelard (Gaston), Préface du livre de Martin Buber intitulé Je et tu. Aubier, 1969, p. 7.

[9] Bachelard (Gaston), Préface du livre de Martin Buber intitulé Je et tu. Aubier, 1969, p. 8-9.

[10] Bachelard, Psychanalyse du feu, p.34.

[11] Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique, Vrin, 1970, p. 183.

[12] Bachelard (Gaston), Préface du livre de Martin Buber intitulé Je et tu. Aubier, 1969, p.13.

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À propos

claude stéphane perrin

Claude Stéphane PERRIN. Professeur de philosophie à la retraite, j'écris et je lis en méditant sur le problème de la non-violence, notamment à partir d'une idée non indifférente et non nihiliste du neutre .
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