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Claude Stéphane PERRIN

Recherches philosophiques qui, inspirées par l'idée du neutre, vont au-delà du scepticisme vers une interprétation moderne (historique et intemporelle) du principe de raison.

BAUDELAIRE ET COROT

Détail d'un tableau de Corot intitulé La Liseuse couronnée de fleurs ou La Muse de Virgile, 1845, HST,  0,47 m x 0,34 m, Musée du Louvre.

Détail d'un tableau de Corot intitulé La Liseuse couronnée de fleurs ou La Muse de Virgile, 1845, HST, 0,47 m x 0,34 m, Musée du Louvre.

"M. Corot est plutôt un harmoniste qu'un coloriste ; et ses compositions, toujours dénuées de pédanterie, ont un aspect séduisant par la simplicité même de la couleur. Presque toutes ses œuvres ont le don particulier de l'unité, qui est un des besoins de la mémoire." [1]

 


[1] Baudelaire, Curiosités esthétiques, - L'Art romantique et autres œuvres critiques, Garnier Frères, 1962, Salon de 1846, p. 148.

Corot : Homère et les Bergers (Salon de 1845). 80 x130 cm, Musée de Saint-Lô.

Corot : Homère et les Bergers (Salon de 1845). 80 x130 cm, Musée de Saint-Lô.

"M. Corot n'a pas assez souvent le diable au corps. Si défectueuse et même injuste que soit cette expression, je la choisis comme rendant approximativement la raison qui empêche ce savant artiste d'éblouir et d'étonner. Il étonne lentement, je le veux bien, il enchante peu à peu ; mais il faut savoir pénétrer dans sa science, car, chez lui, il n'y a pas de papillotage, mais partout une infaillible rigueur d'harmonie. De plus, il est un des rares, le seul peut-être, qui ait gardé un profond sentiment de la construction, qui observe la valeur proportionnelle de chaque détail dans l'ensemble, et, s'il est permis de comparer la composition d'un paysage à la structure humaine, qui sache toujours où placer les ossements et quelle dimension il leur faut donner. On sent, on devine que M. Corot dessine abréviativement et largement, ce qui est la seule méthode pour amasser avec célérité une grande quantité de matériaux précieux. Si un seul homme avait pu retenir l'école française moderne dans son amour impertinent et fastidieux du détail, certes c'était lui. Nous avons entendu reprocher à cet éminent artiste sa couleur un peu trop douce et sa lumière presque crépusculaire. On dirait que pour lui toute la lumière qui inonde le monde est partout baissée d'un ou de plusieurs tons. Son regard, fin et judicieux, comprend plutôt tout ce qui confirme l'harmonie que ce qui accuse le contraste. Mais, en supposant qu'il n'y ait pas trop d'injustice dans ce reproche, il faut remarquer que nos expositions de peinture ne sont pas propices à l'effet des bons tableaux, surtout de ceux qui sont conçus et exécutés avec sagesse et modération…" [1]

 


[1] Baudelaire, Curiosités esthétiques, - L'Art romantique et autres œuvres critiques, Garnier Frères, 1962, Salon de 1859, p. 374.

 

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À propos

claude stéphane perrin

Claude Stéphane PERRIN. Professeur de philosophie à la retraite, j'écris et je lis en méditant sur le problème de la non-violence, notamment à partir d'une idée non indifférente et non nihiliste du neutre .
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