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Claude Stéphane PERRIN

Recherches philosophiques qui, inspirées par l'idée du neutre, vont au-delà du scepticisme vers une interprétation moderne (historique et intemporelle) du principe de raison.

PHILOSOPHIE ET ART (Klee, Deleuze et Guattari)

Avant  l'éclair (1923). Aquarelle et crayon sur papier marouflé sur carton, bordures inférieures et supérieures à la gouache et à l'encre de Chine, seconde bordure à l'aquarelle et à l'encre de Chine, 28 X 31,5 cm. Fondation Beyeler, Riehen / Bâle. Cette œuvre a été reproduite p.229 de l'édition Paul Klee, Parkstone international, 2013.

Avant l'éclair (1923). Aquarelle et crayon sur papier marouflé sur carton, bordures inférieures et supérieures à la gouache et à l'encre de Chine, seconde bordure à l'aquarelle et à l'encre de Chine, 28 X 31,5 cm. Fondation Beyeler, Riehen / Bâle. Cette œuvre a été reproduite p.229 de l'édition Paul Klee, Parkstone international, 2013.

   Si, pour Deleuze et Guattari, la philosophie se présente d'abord comme étant "l'art de former, d'inventer, de fabriquer des concepts", [1]  ces derniers sont des créations de la pensée pure qui survole à une vitesse infinie de multiples centres de vibration sensibles, tout en les rapportant à des intuitions créatrices fulgurantes, problématisées et singulières, donc signées par un auteur ; sachant que chaque création transforme le philosophe en le contraignant à effectuer de multiples expériences, humaines ou non : "C'est qu'on ne pense pas sans devenir autre chose, quelque chose qui ne pense pas, une bête, un végétal, une molécule, une particule, qui reviennent sur la pensée et la relancent." [2]

    En revanche, le processus créateur des artistes, et notamment de Paul Klee, consiste d'abord à sentir sa pensée singulière de la manière la plus intense et la plus simple possible : "Les sentiments les plus forts n'étant autre chose que des sentiments primitifs."[3] En sortant de son vibrant chaos primitif, loin de tous les clichés, l'artiste cherche alors à tracer paisiblement des formes (des centres de vibration sur des plans) dont la composition, pour celui qui le veut, ne crée que des concepts probables. Certes, Paul Klee utilise souvent des signes, des idéogrammes et des pictogrammes, mais ces derniers découvrent surtout leur sens par association ou contextualisation. Une ligne brisée peut être le signe d'une déchirure, d'une hésitation, d'un éclair… Néanmoins, l'art de Paul Klee cherche, à sa manière, à partir des divers thèmes de ses tableaux, à créer des concepts comme le philosophe.

   Pour cela, il s'agit de conduire chaque évocation d'un sens plastique global vers des signes graphiques qui expriment un sens organique (vivant) fin de mettre au jour des significations symboliques capables d'associer des concepts possibles "avec une clarté et une logique telles que chacun d'eux occupe une place nécessaire et qu'aucun ne nuise aux autres."[4] La logique du créateur d'images trouve ainsi sa propre cohérence.

 

[1] Deleuze et Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ? Minuit, Reprise, 1991/2005, p.8.

[2] Deleuze et Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?  p.44.

[3] Klee (Paul), Journal, Paris, Grasset, p.88.

[4] Klee (Paul), Théorie de l’art moderne, De l’art moderne, Médiations-Gonthier, 1964, p.23.

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À propos

claude stéphane perrin

Claude Stéphane PERRIN. Professeur de philosophie à la retraite, j'écris et je lis en méditant sur le problème de la non-violence, notamment à partir d'une idée non indifférente et non nihiliste du neutre .
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